Sébastien Henry aime à se définir comme un « pont entre deux mondes ». Il conjugue une vie d’entrepreneur entre Alpes et Asie avec une vie intérieure animée par la pratique de la méditation. Je l’ai rencontré après une conférence donnée à l’université Hommes Entreprises. Peut-on concilier la fonction de dirigeant avec une vie de l’esprit ? Peut-on utiliser la puissance de l’esprit comme instrument de performance managériale ? … Voici son point de vue.

Photo droits réservés

Photo droits réservés

« Entré à l’Essec au début des années 1990, j’y ai certes appris des choses intéressantes, mais exclusivement fondées sur l’analyse et la logique. Il me manquait un supplément d’âme. J’ai alors ‘sorti ma machette’ pour partir à la découverte du monde intérieur et du développement spirituel. J’ai expérimenté, commencé à pratiquer la méditation, effectué des séjours dans des monastères chrétiens et bouddhistes, sans être croyant.

Après quinze années de pratique, j’ai écrit le livre Quand les décideurs s’inspirent des moines. L’écho qu’il a déclenché, les témoignages que j’ai reçus, m’ont conforté dans mon intuition : il est possible d’ouvrir des décideurs à la méditation et à la vie intérieure. Si la plupart des décideurs est orientée vers l’action rapide, certains veulent aussi donner du sens à leur vie.

Le sens du calme

Quand les décideurs s'inspirent des moines

Quand les décideurs s’inspirent des moines

Méditer (re)connecte au réel. Cela ouvre sur une autre façon de faire des affaires, qui respecte l’environnement et la société. Je pense que nous sommes à l’aube d’une nouvelle façon d’entreprendre et de commercer. Toute mon action est orientée vers cette articulation du retour à soi et de l’engagement professionnel.

Cette voie, je la puise en moi, dans mes ressources, mon cheminement, en ralentissant, en me mettant à l’écoute de mon intuition profonde. Dans chaque secteur d’activité, mon but est d’aider les dirigeants d’une grande entreprise à atteindre ce point de bascule, qui implique une prise de conscience sensible.

Point d’inflexion

Les changements sociaux commencent comme une épidémie : quelques précurseurs en sont d’abord porteurs, avant que le phénomène ne se propage à grande échelle. Je n’agis pas seul dans ce sens. Je fais partie d’un réseau informel qui réunit des universitaires, d’anciens dirigeants, de jeunes entrepreneurs, en Europe, en Inde, à Hong Kong, aux États-Unis. Un monastère laïc des temps modernes est en cours de réflexion, à proximité de Paris. La présence des artistes y sera fondamentale, eux qui transmettent le sacré sans passer par le religieux. »